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Grenier d'un écrivain en herbe
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Rencontre hasardeuse – 1er extrait

Rencontre hasardeuse

 

  Tout en pressant le pas, je marchais dans la rue St Hippolyte, chaudement vêtu. Je marchais tout en réfléchissant. Ne comptez pas sur moi pour que je vous révèle le contenu de ma pensée. Je vous dirai juste qu’à cet instant-là, je pensais.

  Penser à penser.

  Voilà quelle était mon occupation. Bel objet de réflexion, n’est-il pas ? Et n’est-ce pas une belle maxime, digne de moi ?

Oh ! mais dites ! Je viens de me rendre compte que je ne me suis même pas présenté. Soit. Nous allons rapidement corriger ce problème.

  Tout d’abord, bonjour ! Je m’appelle Jean-Alfred DUPENAY. Actuellement dans la Trentaine et plutôt bel homme, on dit de moi que toutes les femmes rencontrées exercent une emprise fascinante sur mon être. Mais, je suis aussi le père d’une petite fille de six ans adoptée au Viêtnam : Kim. En ce qui me concerne réellement, je suis reconnaissant envers ma moustache, qui je pense, a largement contribué à bâtir ma réputation de tombeur de femmes. Enfin, à la seule vue de mon nom, vous pourriez penser que je suis un aristocrate. La réalité est tout autre. Il se trouve que mes parents étaient de riches bourgeois et sont, par la suite, devenus de puissants aristocrates. Mais moi, je renie mes riches origines. Je me veux modeste. Pourquoi ? Tout simplement, parce que je ne vois pas l’utilité d’un tel titre, à moins de se l’approprier pour vanter sa propre personne. Et c’est cette dernière utilisation du titre que je trouve haïssable.

  Cela faisait une décennie déjà que je venais d’être embauché comme livreur de pizza. À l’époque, je trouvais que c’était un chic boulot. La journée, je livrais les commandes aux différents clients de la pizzeria. Et une fois le soir venu, je déambulais souvent dans les quartiers alentours. Histoire de me détendre l’esprit. Et là, je revoyais les mêmes magasins de parfum et vestimentaires. […]

  Parfois, et au détour d’une rue, il m’arrivait d’être surpris de ne pas avoir vu arriver des femmes, ces êtres de mystère. Certaines étaient absorbées dans des conversations auxquelles je ne tentais la folle idée de m’y immiscer. Et, lorsque nous arrivions à l’angle de la ruelle que formaient plusieurs commerces, l’on se surprenait gaiement.

— Et tu sais, Yves, celui-ci avec qui…Aaah !

— Pardonnez-moi, jeunes demoiselles, de vous avoir effrayé.

— Ce n’est rien. Mais vous êtes arrivé si vite que…

— …nous n’avons mêmes pas eu le temps d’avoir peur, termina son amie.

— C’est vrai, je vous l’accorde, je suis si rapidement arrivé que je comprends votre frayeur. Malheureusement, j’ai pris la mauvaise habitude de marcher hâtivement.

  Je leur promis de faire plus attention la prochaine fois.

  Les deux jeunes femmes me lancèrent un bref sourire en guise de réponse, avant de se confondre à nouveau dans la masse humaine. Je saluais ces jeunes demoiselles et continuais ma promenade nocturne dans Paris. C’est une fort belle ville, à ce que l’on en dit. Surtout la nuit.

  C’est alors, qu’apparut une soudaine envie de me désaltérer. Par chance, un bar – qui se trouvait sur ma droite, n’avait pas encore fermé. Il était alors 23 heures et quart. J’y allais, m’asseyais et demandais le serveur. Celui-ci me vit peu de temps après mon arrivée au bar d’Éric.

— Vous désirez monsieur ?

— Une bière et un sandwich au bacon s’il vous plaît.

— Ce sera tout ?

— Oui.

  Pendant les trois minutes que mit le serveur à m’amener ma commande, j’observais – sans raison particulière – les passants qui déambulaient dans la rue Jean-François Champollion.

Ce monsieur possède une moustache sacrément bien frisée. On jurerait qu’il est le sosie du personnage de Maupassant : Georges Duroy. Cet autre là, semble s’être perdu et recherche probablement ses parents. Cette jeune adolescente m’a tout l’air d’une enfant gâtée, elle est en train de faire du chantage à sa mère. Elle ne mérite pas plus qu’une bonne correction. Je continuais à scruter la foule qui allait et revenait sans cesse. Quand tout à coup, l’une de ces personnes se distingua des autres, telle une déesse venue rendre visite à ses sujets mortels. C’était une femme. Une très belle femme. Elle s’était arrêtée au beau milieu de la rue. Je la regardai, et dévisageai plus particulièrement son beau visage.

  J’en ferai une description succincte. Il est vrai que je pourrais très bien m’arrêter à : « Son visage possède un charme surnaturel pour une aussi jeune femme qu’elle. Il s’en dégage une essence plus qu’humaine. Sans doute celle-ci est-elle d’ordre divin ? » Voilà la pensée qui m’a traversé l’esprit, dès que je l’ai entrevu parmi la foule. Mais reconcentrons-nous sur son visage, si charismatique soit-il. Cette femme avait une longue chevelure rousse. Ses yeux avaient adopté la forme d’amandes, et étaient de couleur vert. Sur ses joues, des taches de rousseur. Ses lèvres étaient presque pulpeuses. Et donc, lorsque vous voyiez le tout, la sensation ressentie était similaire à une pleine immersion – au risque de chavirer, dans l’Océan du Charme. Non mesdames, je ne me suis point inspiré de la célèbre Carte du Tendre de Mlle de Scudéry. Quoiqu’il en soit, elle devait avoir dans la Trentaine d’années. Exactement ma tranche d’âge ! Oui, car j’ai actuellement trente et un ans. Dans la force de l’âge, quoi !

 Puis, sans prévenir – sans crier gare, elle se dirigea vers moi. Á cet instant précis, mon cœur se mis soudainement à augmenter sa cadence habituelle de battements. Non ! Cela ne pouvait être possible. Cette jeune beauté ne pouvait déjà s’offrir à moi. Nous ne nous connaissions pas encore.

  Et effectivement, elle alla plus loin derrière moi, s’asseoir à une table. Elle posa son sac en face d’elle. Puis, le serveur vint machinalement vers elle. Je ne sais ce qu’elle commanda. Mais peu importe. L’objet de toutes les fascinations, c’était elle. ELLE, la future femme de mes rêves. Et pourtant, vous me diriez sans doute :

« Tu rêves mon grand ! Cette femme ne voudra jamais de toi ! » Vous auriez alors tout à fait raison de me dire ça.

  Vint le moment de déguster nos mets respectifs. De mon côté, voici ce que cela donnait : le bon (moi), le sandwich et la bière. Ce sont en effet, trois éléments capitaux dans ma vie.

  Durant tout le repas, – alternant bacon-bière, je ne pu m’empêcher de jeter quelques regards épris dans sa direction. J’en vins même à m’interroger sur leur signification. N’était-ce pas un gage de mon coup de foudre pour cette femme ? Il est probable que oui.

  C’est alors que je sentis comme un coup de fatigue emporter mon âme dans le domaine de Morphée avant l’heure, pendant que mon corps restait attablé.

  Soudain, alors mes paupières s’étalèrent sans crier gare sur mes yeux, j’eu le temps de deviner qu’elle s’était levée. Je vis, à cet instant de la monnaie, que le serveur s’empressa d’aller ramasser. La jeune femme vint vers moi et me fit une confidence qui allait avoir un impact considérable sur ma vie amoureuse.

— Vous n’êtes pas très discret, mon cher monsieur. Je vous ai vu me jeter des regards pour le moins…passionnés. Si je vous fais cette remarque, c’est qu’il faut bien plus que des regards entichés pour séduire une femme – telle que moi par exemple.

Pour toute réponse, je restais interdit.

Avant de se fondre dans la masse des passants, elle me lança un ultime conseil.

— Si je peux vous aiguiller en la matière, sachez aborder en douceur les femmes qui feront chavirer votre cœur. Conseil de femme, mon cher monsieur.

  Á cet instant crucial, j’aurai voulu la rattraper et lui clamer haut et fort : — Madame ! Je vous aime !

  Hélas ! j’étais incapable du moindre mouvement. Et la belle se fondit dans la masse humaine. L’idée seule de ne plus la revoir me chagrina énormément. J’étais aux bords des larmes. On me tapota l’épaule droite.

  Je réalisais alors que cette scène que j’avais cru vivre dans la réalité, n’était qu’un rêve. Ce fut le serveur qui me sortit de ma torpeur.

— Monsieur, monsieur, il faut payer à présent.

— Mmmh ? Ah oui, bien sûr. Tenez mon brave.

  Je sortis mon portefeuille de ma poche droite et tendis la somme due : un peu plus de cinq euros. Je regardais de nouveau devant moi. Elle avait disparue. Je me retournais donc.

  Et je la vis. La femme dont je m’étais épris était en train de partir. Vite, il fallait que je réagisse au plus vite ; ou bien qu’une opportunité se présente à moi.

  L’occasion tant attendue se produisit, comme en réponse à mon espérance.

Un billet de vingt euros tomba de son sac doré. Je me levais pour le ramasser et lui redonner. Je l’abordai avec douceur, selon le conseil qu’elle me prodigua en rêve, et lui tendis son billet. Á première vue, mon intervention la surprit. Quoi de plus typique que sa réaction. Cependant, lorsqu’elle vit le billet que je lui tendais, elle comprit dès lors la raison de mon geste. Après avoir rangé le billet dans son portefeuille, la jeune femme me remercia avec amabilité. Elle repartit.

  C’est alors que je pris conscience que je ne la reverrai probablement plus jamais. Triste évocation. Triste, mais – et malheureusement, plausible.

  Je décidais alors de l’interpeller dans le calme qui m’est propre. Pour cela, je du me frayer un chemin dans la foule, aussi dense fut-elle. Je l’appelais. Au tout début, plusieurs dames se retournèrent, mais pas la bonne. Après une pluie de persévérance, la femme en question se retourna en ma direction. Elle me sourit gaiement. Je lui répondis de la même manière. Après tout, c’était là, la moindre des choses. Je m’armai de courage et pris le premier la parole.

— Pardonnez-moi ma précipitation, madame, mais ne pourrait-on pas se revoir mercredi, ici même, disons vers midi, il se trouve que c’est un jour de congé pour moi ?

— Bien que je ne sache pas qui vous êtes, monsieur, n’est-ce pas une décision trop hâtive ?

Je me passais la main sur le front, en sueur, visiblement gêné par sa question. Néanmoins, j’avais commencé la conversation, je me devais donc de l’achever. Oui. Je devais la clôturer, mais non dans la précipitation. C’est là, la moindre des évidences propres à la politesse.

— Je reconnais y être allé quelque peu rapidement. Et si cela vous a déconcerté, j’en comprendrai les raisons. Cela signifiera que j’aurai échoué en matière d’amour. C’est pourquoi, je vous prierai de ne pas déconsidérer ma demande.

— Attendez, je n’ai rien dit encore de cela ! Écoutez, c’est la première fois que je me confie à un aussi bel inconnu que vous, mais les circonstances s’y prêtent. Je suis célibataire et suis à la recherche d’un homme qui saura satisfaire mes désirs et mes envies.

Mon rythme cardiaque s’accéléra soudainement. Ces paroles m’étaient-elles réellement destinées ? Cela ne pouvait être l’image de la réalité. Quoiqu’impossible n’est pas dit-on. Je me ressaisis.

— Un homme…tel que moi ?

— Par exemple.

Je sentis une euphorie naissante naître en moi.

— Cela signifie que vous acceptez mon invitation ?!

— Vous avez tout compris, me murmura-t-elle au creux de l’oreille. Au fait, continua-t-elle, je m’appelle Évaline, Évaline DELAMAIRE, et vous ?

— Jean-Alfred DUPENAY, madame !

— Si vous tenez vraiment à me recontacter, je suppose que mon numéro pourra vous être utile et que j’aurai besoin du vôtre en retour, ne pensez-vous pas ?

— En effet, vous avez raison ma chère Évaline !

C’est dans la gaieté et la bonne humeur, que nous nous échangeâmes nos numéros de portables.

  Je poussai un puissant « Youpi ! » intérieur, mais qu’Évaline sembla remarquer. Ô combien j’étais heureux d’avoir fait sa connaissance ! J’étais le plus chanceux des parisiens en ce glorieux moment que mes yeux immortalisèrent à jamais. La chance, elle me semblait éternelle et puissamment encrée en moi.

  Tout heureux d’avoir rencontré une femme au tempérament épanouie, je sautillais de gaieté. Cependant, je m’interrogeais : avais-je enfin rencontré l’âme sœur ? That’s the question, m’aurait répondu William Shakespeare. Dans tout les cas, je l’espérais quelque part au plus profond de mon cœur. Certes, s’il était vrai que je brûlais d’impatience de la revoir, ce ne serait pas pour tout de suite, car il se faisait tard. Et les rendez-vous nocturnes, au-delà de Minuit, ne sont point rentrés dans les mœurs de la gente féminine. C’est là du moins, mon humble avis.

  Je baillai.

  C’était là le signe d’une fatigue devenue évidente. Mais aussi d’une conséquence indéniable : l’appel du lit au sommeil ; et auquel je répondrais présent sous peu !

  Je pris le chemin de mon domicile.

  Sur le chemin du retour, je pensais encore à ma rencontre avec celle qui allait peut-être changer soudainement le cours de ma vie. « Dieu qu’elle était belle ! » pensais-je avec une franchise on ne peut plus sincère. Ainsi, cette dame se nommait Évaline. J’aimais ce prénom qui avait des allures hors du commun. Des allures indescriptibles pour un homme comme moi.

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C
<br /> <br /> "je baillai" (omis le i avant les deux ll)<br /> <br /> <br /> bien sympathique cette nouvelle, j'irai lire la suite.<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> D'accord  ! Je vais de ce pas corriger cela tout de suite ! N'hésite pas si tu vois d'autres "fautes", à me<br /> les signaler ! Pour l'instant, il n'y a que trois extraits, car son écriture est suspendue. C'est malheureux, mais il faut bien le dire.<br /> <br /> <br /> <br />