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Grenier d'un écrivain en herbe
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Rencontre hasardeuse – 3ème extrait

  Je regardais l’heure sur mon téléphone portable. 9 heures 40.

  C’était un réveil bien matinal pour un jour de congé. Trop matinal à mon goût. Cependant, réveillé j’étais, levé je serai sous peu. Je consommai des croissants qui dataient de la veille en les trempant dans un bol de lait. Vous savez, je ne suis pas du tout café. Voilà le seul motif pour lequel je ne bois jamais de café le matin.

  Ce matin-là, précisément, malgré l’approche du rendez-vous avec Évaline, je restais d’un calme impassible, digne d’un sage grec. De dix heures à onze heures et demie, je regardai la télévision et ses différentes émissions.

  À 11 heures et demie, j’éteignis la télévision, rangea le journal à sa place, et m’habillai chaudement. Je pris les clés avec moi, ferma à clé mon appartement et sortis. Lorsque j’eu dépassé la porte de la résidence Les Pissenlits bleus, une bourrasque de vent froid vint fouetter mon visage. Je décidai de ne pas en tenir cas, et me dirigeais vers Le Bar d’Éric à allure normale.

  Midi moins le quart. Je faisais face au bar de la veine, celui grâce à qui j’avais rencontré une demoiselle sympathique, avec qui, discuter, devenait agréable. Je crois qu’à l’avenir, ce bar sera amené à devenir un point stratégique de premier plan dans ma nouvelle politique : celle de la séduction.

  Je pris place autour d’une table.

  Une serveuse vint me voir, un bloc-notes à la main.

  — Que commanderez-vous monsieur ?

  — Oh ! heu, rien pour l’instant. J’attends une personne.

  — Bien. Comme monsieur voudra.

  J’attendais la petite prunelle de mes yeux au bar « porte-bonheur ». Je l’attendais sereinement, l’esprit reposé de la journée agitée d’hier.

  Lorsque soudain, je la vis parmi la foule, toujours aussi dense. Elle devait être à une dizaine de mètres de moi, mais je l’entrevis dans toute cette marée humaine. Pour ce qui est de repérer les êtres que j’aime au loin, j’assure. Je suis même l’un des meilleurs de tout Paris ! Les évènements se déroulèrent très vite. Je bondissais hors de ma chaise, courrais à travers le flot humain et m’élançais vers elle. Cette chère Évaline reproduisit mes gestes. Quiconque passait dans la rue à cet instant-là aurait immédiatement pensé que nous nous étions crus dans La petite maison dans la prairie.

  Enfin, elle arriva dans mes bras et là seulement, je pus l’enlacer dans cette étreinte chaleureuse.

  — Oh ! Jean-Alfred ! Tu es là ! Tu as tenu ta promesse !

  — Oui, me voilà Évaline, lui dis-je en caressa sa longue chevelure rousse à l’apparence calme, mais en réalité farouche.

  Nous restâmes ainsi un long moment. Les gens qui passaient nous regardaient comme si nous étions deux tourtereaux qui étaient en plein ébat amoureux. La plupart étaient intrigués par notre attitude. Puis nous nous installèrent sur la table que j’avais précédemment occupée.

  — Tu es toujours aussi beau mon Cœur, m’adressa-t-elle.

  — C’est vrai ? fis-je, l’air faussement étonné.

  — Si je te le dis…

  — … c’est que ce doit être vrai, terminai-je, l’esprit enjoué

  Nous éclatâmes tout les deux de rire dans l’allégresse la plus totale. Ce qui attira l’attention de plusieurs personnes attablées au bar, mais aussi de passants. Différents sujets ont animés notre conversation. L’un d’entre eux était sous forme de problématique.

  — Tu sais, Frédéric MERLE, un vieux copain de l’université Paris Dauphine, m’a déposé la phrase que voici au creux de l’oreille : « La beauté de la femme est éternelle, or par nature, la femme est universelle, donc la beauté de la femme est universelle. » Qu’en penses-tu ?

  — Je suis d’accord pour dire que notre beauté est éternelle et ce, au travers des multiples tableaux peints par les peintres royaux. Ni le temps, ni les rides expressives ne la corrodent. Cependant, je ne pense pas que nous ne soyons universelles à travers l’Univers. Lorsque je parle de ce sujet, je prends toujours l’exemple de l’escargot. Cet animal a l’incroyable capacité à se reproduire tout seul car il est mâle et femelle à la fois. Tu vois à présent pourquoi je ne peux accorder mon accord sur ce deuxième point.

  — Et le dernier point ?

  — Eh bien, je pense qu’en ce qui concerne l’universalité de la beauté féminine, j’effectuerai une correction. Je dirais qu’elle est valable uniquement à l’échelle de la Terre. Enfin…pour l’instant

  — Si je t’ai soumis cette phrase, c’était pour avoir l’avis d’une femme, d’une très belle femme.

  Elle rougit.

  La serveuse revint vers nous. Nous commandons tout deux la même chose : un jus de pomme, puisque j’ai appris qu’Évaline déteste l’alcool. Ça tombe moi, car moi aussi je n’aime pas du tout les boissons alcoolisées.

Durant la conversation, j’ai découvert qu’Évaline aimait quatre éléments importants dans la vie. À commencer par : les cybercafés, lire et écrire et pour terminer, la moto. Premièrement, ce qui me plus d’abord chez elle, a été ces deux points communs entre elle et moi : cette belle rousse aimait lire divers ouvrages, et écrivait régulièrement. Deuxièmement, ses thèmes de prédilection étant l’amour fusionnel que pouvaient entretenir un homme et une femme, ainsi que la poésie.

  Ensuite, qu’elle se rende fréquemment dans les cybercafés éparpillés dans le Tout-Paris, ne me dérangeait guère. Au contraire, je l’incitais à perpétuer cette habitude.

  Dernièrement, j’avais particulièrement apprécié de savoir qu’elle aimait conduire des deux-roues. Plus exactement, des motos 125 cm3. Cette passion, elle le devait à son père, un fervent passionné de motos. Par ailleurs, voyant que cela me plaisait, elle me proposa de m’emmener chez elle, dans le XVIIè arrondissement, afin de faire un tour en moto.

Durant le trajet qui nous séparait de son domicile, Évaline me confia que ce qu’elle appréciait plus que tout en moto, c’était l’expression de la totale liberté de la femme. « Aller où l’on veut, quand on veut. », était sa principale devise en tant que motarde expérimenté ; car cela fait douze ans qu’elle arpente les routes de France à moto. C’est ainsi que je su que lorsqu’elle eut vingt ans, elle faisait partie d’une petite communauté de motardes. Leur nom était : les Colombes filantes. Il fut créé en mars 1998 par Nathalie HARTIEZ, la leader du groupe. De mars 1998 à septembre 2003 – date à laquelle l’effectif du groupe était au complet, neuf autres demoiselles avides de liberté rejoignirent la communauté fondée par mademoiselle HARTIEZ.

  Évaline eut connaissance de l’existence des Colombes filantes en avril de la même année, et s’empressa d’y adhérer au plus vite.

  Nous arrivons devant son domicile. J’ai à peine le temps d’identifier les différentes pièces de sa maison, qu’elle m’emmène déjà au garage. C’est alors que j’osai la questionner sur l’absence d’un homme sous son toit.

  — Cela fait quatre ans que j’ai divorcée.

  — Ah…

  Nous arrivâmes au garage.

Elle était bien là, au beau milieu de la pièce. La 50 cm3, encore plus resplendissante que je ne l’avais pensé.

La moto d’Évaline était couleur bleue chromée. À mes yeux, je la trouvais magnifique.

Évaline, qui était partie au fin fond du garage, en revint avec un carton. À l’intérieur, se trouvaient deux casques intégraux.

  — Voilà ton casque, Jean-Alfred, me dit-elle, quand à celui-ci, c’est le mien.

  Pendant qu’elle ouvrait la porte du garage, je l’enfilais.

  Elle s’approcha de sa bécane et mis le contact. Puis, elle enfila le sien. Elle me demanda de sortir dehors, le temps qu’elle referme la porte du garage, ainsi que la porte cochère.

  Puis nous sommes partis pour une belle promenade à moto dans les rues de Paris. Il était alors trois heures et demie de l’après-midi. Nous sommes passés sous l’Arc de Triomphe, avons vus le Sacré-Cœur, avons salués la cathédrale de Notre-Dame et conversés avec des motards, partisans d’une vitesse modérée. Après une heure d’une belle balade au travers des rues de la capitale, Évaline – sur mes indications, me laissa devant la résidence des Pissenlits bleus.

  — On s’en fait une autre quand tu veux Jean-Alfred ?

  — Sans problème !

  Elle me sourit avant de repartir paisiblement vers chez elle.

  Je la regardai partir jusqu’à ce qu’elle se fondit avec l’horizon urbain. À partir de cet instant-là, le grand amour que je portais à Évaline était à nouveau confirmé par son charme surnaturel. Bref, je l’aimais plus que tout. Environs deux minutes après qu’elle soit parti, j’étais resté hagard sur le trottoir, le regard ailleurs. Deux minutes resté à fixer le « bout » de la rue Pierre Curie. Les automobilistes qui y circulaient ont certainement du me trouver un air ahuri, voire absent. Mais cela m’importait bien peu.

  Après quoi, je rentrai chez moi.

  J’étais heureux d’avoir passé une si bonne journée en sa compagnie. L’avoir revu au Bar d’Éric mercredi, avoir discuté avec elle de sujets divers, et enfin, avoir effectué une balade en moto me procurait une intense satisfaction amoureuse. Pourtant, j’en demandais plus encore chaque jour passé sur cette terre.

  C’est dans une bonne humeur évasive que je dînai ce soir-là.

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