15 Mars 2010
Vendredi 30 avril l'an de grâce 1735
C'est alors que la duchesse, la très respectée, Mademoiselle de Clérigny fit son entrée dans la salle. C'était une jeune femme dont la beauté était enivrante. Je
puis dire que tous les nobles présents ce jour-là ont succombés à l'Ivresse amoureuse. Prenons le duc de Montignac qui est un exemple établi d'indescence, car exemple il y a. Celui-ci, dès qu'il
la vit entrer solenellement, ne put stopper l'élan qui s'était emparé de sa chair. Désormais, le voilà qui s'élançait vers la duchesse, bousculant des malheureux qui conversaient paisiblement.
Sans doute l'avait-il prise pour une nymphe égaré parmi le commun des mortels. Avait-il oublié que les nymphes ne sont que le fruit de l'Imaginaire humain? Je le pense, en effet. Son comportement
irrespectueux envers sa Divine beauté m'a grandement peiné. Sur le coup je me suis tut par respect pour mademoiselle Anne-Marie Charlotte. Ensuite,après que l'odieux incident fut déclaré clos,
j'entrepris de converser avec mes semblables au sujet dudit fâcheux incident.
Ce que nous avons retenus de cette discussion est l'évidente censure du comportement du duc. Notre roi bien-aimé en personne s'est dit irrité par l'absence de civisme dont a fait preuve Monsieur
de Montignac. Il nous a promis qu'il l'excluerait de la cour dans les plus brefs délais. [...] Le soir même, j'ai pu m'entretenir avec Mademoiselle la duchesse.En tou premier lieu j'ai salué
cette gracieuse demoiselle récemment offusquée. Nous avons conversés pendant une heure entière.
Jean-Robert Marie Dampierre, Marquis de Châteaudun