Samedi 13 août 2011
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21:33
Je vois les oiseaux s’envoler précipitamment.
Un léger frisson me parcourt les membres.
Le guetteur crie à tue-tête et s’agite.
J’observe un début de panique.
Une peur s’empare de mon âme.
On sonne les cloches d’alarmes.
Je suis montée sur le toit de ma maison.
Une immense flotte navigue vers nous.
Mes jambes tremblent de plus belle.
J’entends de la mer, les cris des soldats.
Une frayeur sans nom m’oppresse.
Le flot d’habitants devient incohérent.
Soudain quelqu’un crie.
On me pousse brutalement.
Là-haut, j’aperçois quelque chose.
La violence du choc est puissante.
J’ai vu la pierre devenir poussière.
Effrayée, je quitte les lieux.
D’autres bombardements s’ensuivent.
Je les entends arriver.
Maman me serre auprès d’elle.
Elle m’emmène vers la citadelle.
Les hommes revêtissent leurs armures dans la hâte.
Notre ville n’aura pu empêcher leur débarquement.
J’entends la dureté des combats.
Nos hommes croulent sous le nombre.
L’odeur de la Mort m’assaille déjà.
Ils arrivent.
La porte de la citadelle est fermée et barricadée.
Une fumée parvient à filtrer.
Je comprends qu’ils ont des béliers.
La fumée des incendies nous asphyxie.
C’est la fin.
Leurs catapultes nous lancent des boules enflammées.
Beaucoup des nôtres périssent par le feu.
La porte est sur le point de céder.
Un grand fracas me fait sursauter.
Ils ont pénétré la forteresse.
Nos hommes les combattent férocement.
Ils sont morts en héros.
La porte du château ne tiendra pas longtemps.
Maman et les autres femmes ont peur.
Je les entends monter les marches.
Des larmes perlent de mes yeux.
Maman distribue de l’arsenic aux autres.
Elle m’en a également donné.
Ils sont dans le couloir.
Je sens la vie me quitter.
Nombreuses sont celles qui gisent sur le sol.
C’est la dernière fois que j’ai vu ma mère.
Ils défoncent la porte et voient nos corps.